PNG ou JPG : lequel choisir ?
Les deux formats coexistent depuis trente ans parce qu’ils ne servent pas à la même chose. Le critère de choix n’est ni la qualité ni le poids pris isolément, mais ce que contient réellement votre image.
La différence fondamentale : ce que la compression jette
Le PNG compresse sans perte. Le fichier produit contient exactement les mêmes pixels que l’original : rien n’est approximé, rien n’est lissé. Vous pouvez l’ouvrir, le réenregistrer, le rouvrir cent fois, l’image ne bouge pas d’un pixel.
Le JPG compresse avec pertes. Il analyse l’image par blocs de 8×8 pixels et jette les variations que l’œil humain remarque le moins. C’est extraordinairement efficace sur une photographie, et catastrophique sur un trait net.
Toute la décision découle de là.
La règle en une phrase
Photographie ou dégradé : JPG. Texte, trait, aplat de couleur ou transparence : PNG.
Une photo de vacances en PNG pèsera cinq à dix fois plus lourd qu’en JPG, pour une différence visuelle que personne ne verra. À l’inverse, une capture d’écran de tableur en JPG produit un halo grisâtre autour de chaque chiffre — l’artefact caractéristique de la compression par blocs sur les contrastes francs.
Le cas ambigu est la page de document numérisée, qui mélange texte et photo. Dans le doute, prenez le PNG : un fichier trop lourd se recompresse, une netteté perdue ne se récupère pas.
La transparence tranche à elle seule
Le JPG n’a pas de canal alpha. Il ne peut pas représenter un pixel transparent, point. Une zone transparente devient blanche à la conversion, sans avertissement.
Si votre image est un logo détouré, un tampon, une signature ou tout élément destiné à être superposé à autre chose, la question ne se pose pas : ce sera du PNG, ou du WEBP.
Le poids : des ordres de grandeur, pas une règle
Sur une page A4 rendue en 150 DPI, comptez grossièrement :
- page de texte : PNG autour de 300 Ko, JPG autour de 250 Ko — le PNG gagne aussi en netteté, aucune raison de prendre le JPG ;
- page illustrée d’une photo pleine page : PNG autour de 3 Mo, JPG autour de 400 Ko — l’écart devient décisif ;
- schéma en aplats : PNG autour de 80 Ko, JPG autour de 200 Ko — le PNG est à la fois plus léger et plus net, parce que les aplats se compressent très bien sans perte.
Ce dernier point surprend souvent : sur les images à faible nombre de couleurs, le PNG bat le JPG sur les deux tableaux.
Et le WEBP dans tout ça
Le WEBP fait les deux : compression avec ou sans perte, et transparence. À qualité perçue égale il pèse 25 à 35 % de moins qu’un JPG, et souvent bien moins qu’un PNG sur les images contenant du texte.
Le seul argument contre lui est la compatibilité avec de vieux logiciels de bureau. Si l’image reste dans un navigateur, il n’y a pas de raison de s’en priver — le sujet est développé dans le WEBP vaut-il le coup ?
En pratique
Vous pouvez convertir un PDF en PNG ou en JPG directement, et comparer les deux résultats sur votre propre document : c’est encore le meilleur moyen de trancher pour votre cas précis.