Le WEBP vaut-il le coup ?
Le format a quinze ans et traîne encore une réputation d’exotisme qui n’a plus lieu d’être. Voici ce qu’il apporte vraiment, et les cas où il reste une mauvaise idée.
Ce qu’il apporte
Le WEBP applique des méthodes de compression conçues dans les années 2010, là où le JPG date de 1992. Le gain est réel et mesurable : à qualité perçue équivalente, comptez 25 à 35 % de moins qu’un JPG, et souvent plus de 50 % face à un PNG sur une image contenant du texte.
Surtout, il cumule ce que les deux autres formats ont séparément : il gère la transparence comme le PNG, et propose une compression avec pertes réglable comme le JPG. C’est le seul des trois à faire les deux, ce qui lui évite le choix cornélien décrit dans PNG ou JPG.
Où il est lisible aujourd’hui
Tous les navigateurs actuels le lisent : Chrome depuis 2010, Firefox et Edge depuis 2019, Safari depuis 2020. Windows, macOS, Android et iOS l’affichent nativement dans leurs visionneuses depuis plusieurs versions.
En pratique, si votre image est destinée à être vue dans un navigateur, la question de la compatibilité est réglée.
Les deux cas où il faut s’en passer
Les logiciels de bureau anciens. Une version d’Office antérieure à 2021, un logiciel métier interne, certains outils de PAO : beaucoup n’ouvrent toujours pas le WEBP. Si votre image doit être insérée dans un document produit par un tiers dont vous ne maîtrisez pas l’outillage, le PNG reste le choix sûr.
L’impression professionnelle. Les imprimeurs travaillent en TIFF, PDF ou JPG haute qualité. Envoyer un WEBP à un prestataire d’impression, c’est prendre le risque d’un aller-retour inutile.
Le cas où il change vraiment quelque chose
Sur un site web, le poids des images est presque toujours le premier poste du temps de chargement. Passer un jeu d’illustrations de JPG à WEBP fait gagner un tiers du poids total sans travail d’optimisation supplémentaire — c’est l’un des rares gains de performance qui ne coûte rien en qualité.
Google mesure d’ailleurs cette dimension à travers les Core Web Vitals, et le poids des images pèse directement sur le Largest Contentful Paint.
Verdict
Pour le web : oui, sans hésitation. Pour un fichier qui va circuler entre des logiciels dont vous ne maîtrisez pas les versions : restez en PNG ou en JPG.
Le plus simple reste d’essayer sur votre propre document — la conversion PDF vers WEBP vous donnera le poids exact du résultat en quelques secondes, à comparer avec la même page en JPG.